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De
Julian BARNES
Oliver
et Stuart sont amoureux de la même femme, Gillian qui, d'abord mariée avec
Stuart, le quitte pour vivre avec Oliver...
Dans "dix ans après", suite de "Love, etc"
Oliver:
Ah! comme la voix de la conscience ressemble,
dans sa cadence et son expression, à celle de Gillian... 
Est-ce là ce que font les hommes? Il existe de nombreuses théories quant à la question de savoir
ce que les hommes épousent en réalité - leur destinée sexuelle, leur mère, leur Double, leur Sosie,
l'argent de leur femme -, mais quid de l'idée que ce qu'ils cherchent en fait, c'est leur conscience? Dieu
sait si la plupart d'entre eux sont incapables de la trouver là où on la situe traditionnellement, quelque
part entre le cœur et la rate, alors pourquoi ne pas l'acquérir comme un accessoire, comme un toit de
voiture teinté ou un volant à rayons métalliques?
Ou bien se pourrait-il que ce n'est pas ce que les hommes cherchent réellement, mais ce en quoi le
mariage transforme nécessairement les femmes?
Voilà qui serait plus banal, non? Sans parler de ce que cela aurait de plus tragique.
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Et
plus loin : "nous sommes comme la nèfle"...
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De
Julian BARNES, dans England-England"
:
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Ce dernier texte est à rapprocher de celui-ci
(de "élire").
Cours de communication sentimentale
La nouvelle carte du
tendre.
Après un semestre dédié à la psychologie féminine,
nous consacrerons donc deux heures, ce vendredi, à la psychologie
masculine. Visiblement, le vendredi après midi doit être consacré
à l’entraînement de foot, car je ne vois dans l’amphi qu’un seul
représentant du sexe fort.
En préambule, Mesdemoiselles, il convient de bien
centrer notre propos, et d'abord de nous débarrasser de quelques idées
reçues.
Il s'agit bien ici de séduire, principe essentiel de
la communication.
Vous oublierez les leçons de vos mères qui vous répètent
qu'on retient un homme par ses talents ménagers et culinaires, ainsi que
la démonstration d'une vertu sans faille.
Vous oublierez aussi les coutumes elliptiques de votre
génération, et le simpliste "chez toi ou chez moi ?", du moins
si vous êtes adepte du développement durable. Je vous rappelle que le
cours de gymnastique est à l'étage en dessous.
Première règle : Admirativement vous l'écouterez.
Entendons nous bien : point n'est besoin de l'écouter
VRAIMENT.
Il suffit, après avoir vérifié discrètement que l'éclairage
ne met pas en relief les imperfections de votre teint, de tourner vers lui
des yeux légèrement écarquillés.
Je sais, c'est un peu fatigant, mais avec un peu de
pratique vous parviendrez à mettre à profit cette situation pour
planifier intérieurement votre journée, ou faire la liste de vos courses
pour Noël.
Il convient néanmoins, en suivant le rythme du propos
de votre partenaire, de le ponctuer par de sobres onomatopées : ah, oh,
que vous ferez suivre de points de suspension rêveurs, de préférence
aux points d'exclamation, un tantinet trop énergiques, et aux points
d'interrogation qui risqueraient de prolonger inutilement le
discours.
Lorsque vous estimerez être suffisamment au fait de la
pensée socratique, de l'épuisement des nappes phréatiques, ou de sa
course Douarnenez –Arcachon en 95, rien ne vous empêche de proposer une
bière. (Il vous suffira de sauter le repas du soir pour rétablir votre
total de calories.)
Cet entracte a pour but de recentrer le sujet sur ce
qui importe vraiment, c'est-à-dire VOUS-MEME.
Inutile, bien sûr, d'ouvrir votre jardin secret ; il
est probable qu'à ce stade l'homme n'en n'a rien à faire.
Non plus qu'aux stades suivants, d'ailleurs.
C'est le moment de lui montrer quelle petite chose vous
êtes. (Bien entendu, vous aurez préalablement poussé vos haltères sous
le canapé). Il vous faudra rapidement trouver quelle chose lourde, haute,
ou coincée nécessite un déplacement urgent.
Voilà , Mesdemoiselles, des méthodes classiques, mais
qui ont fait leurs preuves.
Mademoiselle
Scudéry, je vois à vos yeux écarquillés
que vous êtes particulièrement intéressée par la psychologie de la
communication. Si vous souhaitez quelques précisions, nous pouvons passer
dans mon bureau… "
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