|
Les plates-formes téléphoniques à destination de la France, de la Belgique et de l’Espagne emploient plus de 25 000 personnes au Maroc. Elles ont trouvé un nouveau créneau avec les services érotiques. “On te voit le bout des seins à travers le chemisier ?” Henri, un Français d’une cinquantaine d’années vivant à Lyon, envoie ce SMS à un numéro de téléphone abrégé. Cela lui coûte 1 euro. Son destinataire est une belle brune qui vient de lui transmettre par MMS une photo d’elle vêtue d’un haut blanc très moulant. Henri entame alors une conversation érotique, via des textos tapés sur le clavier de son téléphone, avec une femme qu’il croit être une Française de 32 ans, nommée Sylvie et habitant près de sa ville. Mais Sylvie n’existe pas. A l’autre bout du fil, ou plus exactement d’un clavier d’ordinateur, c’est un jeune Marocain de 22 ans, Reda, qui alimente ses fantasmes. Il travaille comme téléopérateur érotique à Casablanca. A ses côtés, une vingtaine de garçons et de filles du même âge sont engagés dans des conversations similaires avec des clients qui se trouvent en France et en Belgique. “Pour le téléopérateur, c’est comme s’il était sur Messenger, explique Reda. Il y a des filles et quelques garçons virtuels, avec un profil préétabli incluant un nom, un âge, un lieu de résidence, des mensurations et, bien entendu, des photos de gens séduisants, mais pas trop beaux, pour rester crédibles. Les clients s’adressent à eux et nous leur répondons comme si nous étions dans leur peau.” Il faut leur envoyer au moins 150 SMS par heure pour exciter leur libido “et obtenir le taux de réponse le plus élevé possible – il ne dépasse jamais 90 % –, faire durer la conversation et se débrouiller pour qu’ils demandent, par exemple, qu’on envoie sur leur portable des vidéos où leur interlocutrice fait un strip-tease”, au prix de 3 euros l’unité... “Beaucoup finissent par demander notre numéro de portable pour avoir un contact plus direct et certains sont si mordus qu’ils vont jusqu’à se déclarer à la fille virtuelle, poursuit Samira. Cela me donne encore plus mauvaise conscience de faire ce travail.” Les garçons et les filles de la plate-forme s’occupent indifféremment d’utilisateurs des deux sexes, “bien que la plupart d’entre nous préfèrent les hommes, parce qu’ils sont faciles à exciter”, ajoute Reda. La durée de travail est de huit heures au maximum par jour et, lorsque le service est terminé, “un collègue prend la relève avec le client échauffé”. Dans le duplex de Casablanca où la plate-forme a été installée travaillent 150 jeunes télé-opérateurs, dont seulement un tiers de femmes. Mais il n’y en a jamais plus de 25 à la fois. Ils répondent aux SMS vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept sous la supervision de chefs français. Selon Reda et Samira, il y a à Casablanca deux autres centres de messagerie rose, plus petits... Dans courrier international - 25.06.2009 | Ignacio Cembrero | El País STRATÉGIES AMOUREUSES À L'HEURE DES SITES DE RENCONTRES ... Baba Wamé a étudié les usages des sites de rencontre auprès des Camerounaises. Ces femmes, ces tchatcheuses comme il les appelle, ont entre 18 et 34 ans en majorité, un niveau scolaire peu élevé, et ne sont pas toutes célibataires loin s'en faut (certaines sont même mariées et font des rencontres parfois avec l'assentiment de leurs maris)... En se connectant aux sites de rencontres, ces femmes cherchent à changer leur vie et celle de leur famille par le mariage, ainsi qu'à avoir des enfants métis (ce qui semble être particulièrement valorisant dans la société camerounaise contemporaine, à l'image de Yannick Noah, l'un des emblèmes du pays). Partir, c'est trouver une alternative à la misère , rappelle Baba Wamé. Outre le fait que sur les sites de rencontre, les femmes peuvent s'inscrire gratuitement, la facilité d'utilisation de l'internet et l'amélioration des lieux de connexion (débits élevés, salles climatisées, box assurant la discrétion nécessaire pour se déshabiller devant l'oeil de la webcam…) ont été des facteurs qui ont facilité l'appropriation d'internet par les Camerounaises. Les femmes camerounaises ont des techniques pour accrocher les hommes sur le net , notamment en établissant des stratégies pour sélectionner les fiches personnelles des partenaires potentiels (elles ne veulent pas des jeunes de moins de 30 ans, ni des noirs américains, et la Suisse est l'un de leur premier pays cible). Ces femmes doivent entretenir de bons rapports avec les moniteurs de cybercafés, car beaucoup surfent sans jamais être allés à l'école, sans même parler le français ou l'anglais, d'où la nécessité d'entretenir parfois de très bonnes relations avec les responsables des cybercafés. Enfin, il faut se souvenir que pour dénicher l'âme soeur, il faut être présent très régulièrement sur ces sites de rencontre : entre 4 et 5 fois par semaine. Chaque mois, il leur faut trouver quelque 150 euros pour supporter leurs frais d'accès, dans un pays où l'on vit avec moins de 2 euros par jour. Toute la famille participe pour financer la connexion, dans l'espoir que les relations internautiques finiront par un mariage, qui aura des retombées financières positives pour toute la famille. A Yaoundé, seulement 10 à 15 % des Camerounaises qui utilisent un site de rencontre finissent par se marier. Mais 60 % de celles qui trouvent un mari en Europe finissent dans un réseau de prostitution. C'est peut-être cela la réalité des sites de rencontres vue d'Afrique. Dans internetactu.net/2009/03/10/...-parler-damour/ - Hubert Guillaud - Voir aussi le poème ; Les sites de rencontre Entre nous, c’est virtuel Internet a fait naître une nouvelle génération d’amoureux à distance qui communiquent par écrans interposés. ... A en croire le nombre d’utilisateurs en ligne affiché sur Skype, nous sommes des millions à passer des heures et des heures d’affilée, à tout moment du jour ou de la nuit, assis en face d’un ordinateur à contempler les yeux pixellisés de l’élue de notre cœur. Il y a quelque chose de désuet et de romantique dans ce type de relation. Les couples qui viennent à peine de se former se font à nouveau la cour, remettant au goût du jour ce rituel passé de mode : ils doivent prendre le temps de se parler et de faire connaissance avant de pouvoir en arriver à un contact plus charnel. Bien plus, Skype crée une sorte d’intimité qui n’existe pas dans les cafés ou les bars. Un utilisateur de Skype est obligé de regarder son partenaire et de l’écouter attentivement. On pourrait même dire que cette forme de contact à distance est plus intense qu’une conversation en tête-à-tête. De fait, elle nous encourage à être présents, à apprendre à se connaître et à se rapprocher en discutant. Mais l’amour en version accélérée ne va pas sans poser de problèmes : tandis que mon esprit s’empresse d’étreindre l’être aimé, mon corps est laissé de côté. Sur Skype, plus on se sent proches, plus on souffre de l’absence de l’autre, de l’impossibilité de toucher sa peau ou de la place vide laissée dans le lit. Si proche et si loin à la fois. Cela peut être incroyablement frustrant. Après plusieurs mois de vie à distance, ma petite amie et moi-même en sommes arrivés à plaisanter du fait que nous n’entretenions pas une relation l’un avec l’autre, mais chacun avec notre ordinateur respectif (il m’est arrivé d’embrasser mon écran et d’enlacer mon clavier)... ... Bien sûr, je ne peux pas m’empêcher de me demander si, au fond, les gens n’ont pas de plus en plus envie de vivre à distance, si nous ne préférons pas être connectés virtuellement plutôt que de cohabiter physiquement. Une relation par Skype ne va pas sans présenter certains avantages. Les couples n’ont pas de concessions à faire quant à leurs exigences en matière de propreté lorsqu’ils se rencontrent dans le cyberespace. Ils ne se battent pas pour savoir qui va descendre la poubelle ou qui a oublié de rapporter le DVD au vidéo-club. Et même s’ils n’ont pas un corps chaud à étreindre au milieu de la nuit, ils savent qu’ils sont là l’un pour l’autre. Virtuellement. Courier international - 01.08.2008 | Jonathan Garfinkel | The Walrus |
|
|
|