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Dans la chambre à coucher... Musil cité par Milan Kundera Musil nous dit ce que lui-même pense quand il pose son long regard sur Léon Fischel et ses performances nocturnes: «Les chambres à coucher conjugales, lorsqu'elles sont sans lumière, mettent un homme dans la situation d'un acteur qui doit jouer devant un parterre invisible le rôle avantageux, mais un peu usé tout de même, d'un héros évoquant un lion rugissant. Or, depuis des années, l'obscur auditoire de Léon n'avait laissé échapper devant cet exercice ni le plus léger applaudissement, ni le moindre signe de désapprobation, et l'on peut dire qu'il y avait là de quoi ébranler les nerfs les plus solides. Le matin, au petit déjeuner, Clémentine était raide comme un cadavre gelé et Léon sensible à en trembler. Leur fille Gerda elle-même s'en apercevait à chaque fois et se figura dès lors la vie conjugale, avec horreur et un amer dégoût, comme une bataille de chats dans l'obscurité de la nuit. » C'est ainsi que Musil va dans « l'âme des choses», c'est-à-dire dans «l'âme du coït» des époux Fischel. Par l'éclair d'une seule métaphore, métaphore qui pense, il illumine leur vie sexuelle, présente et passée, et même la vie future de leur fille. Le Rideau - Gallimard - p 87. Léon Fischel est un personnage de
"L'homme sans qualités". Voir aussi : |
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